SAMUEL PATY au Panthéon : ce serait un message bienvenu.
Marc Bloch a trouvé naturellement sa place au Panthéon.
Intellectuel engagé, historien reconnu et novateur, résistant entré dans la clandestinité dès 1943, juif à une époque où cette appartenance valait souvent condamnation à mort, le choix du président de la République a fait la quasi-unanimité. Il a permis à nos concitoyens de découvrir un républicain exemplaire à tous égards.
Il en va certes un peu différemment pour Samuel Paty. Ses lettres de noblesse résident surtout dans ses convictions et son courage. Par les temps qui courent, c’est-à-dire en un temps où nos institutions, à commencer par l’Éducation nationale, sont bousculées et nos principes républicains remis en cause, pourquoi Samuel Paty n’aurait-il pas sa place au Panthéon ?
Certes, la trace laissée par Marc Bloch peut être considérée comme plus marquante que celle — potentielle — de Samuel Paty. Cependant, celui-ci a œuvré au quotidien, en tant que professeur de collège, pour transmettre aux jeunes l’Histoire et l’esprit critique, et cela lui a valu la mort : il a refusé de renoncer à son devoir d’enseignant et de républicain malgré les menaces.
À l’heure où l’école semble ne plus être un sanctuaire reconnu par tous, où la crainte de transmettre un savoir et nos valeurs s’empare trop souvent de l’administration, des enseignants, mais aussi de simples citoyens, il serait sûrement utile de célébrer le courage de celles et de ceux qui ne renoncent pas.
Samuel Paty a tenu bon ; il a fait face aux menaces terroristes dans sa volonté d’assurer son devoir d’enseignant et de transmettre nos valeurs républicaines.
L’utilité de « panthéoniser » un homme ou une femme réside dans le fait de renforcer notre communauté nationale autour de personnalités qui ont agi de manière exemplaire.
Certes, il pourra toujours y avoir des débats sur tel ou tel choix du président de la République de faire entrer celui-ci ou celle-là au Panthéon, sur la connotation politique ou sur l’opportunité de se recentrer ou non sur les préoccupations du moment… Mais reconnaissons que, depuis quelques décennies durant lesquelles ce monument très symbolique — le Panthéon — a retrouvé une certaine importance, les choix opérés ont été relativement incontestables.
Et après tout, la République n’a-t-elle pas besoin de se retrouver de temps à autre, à l’occasion d’une « panthéonisation », pour remettre en perspective notre histoire et renforcer son unité ?
Ce n’est pas une découverte, mais notre société est aujourd’hui fragilisée, plus diverse qu’hier et plus fractionnée que jamais.
**Samuel Paty, un héros ordinaire de la laïcité**
Le transfert de Samuel Paty au Panthéon serait une initiative bienvenue. Alors, autour de quel principe, de quelle valeur cette initiative pourrait-elle être envisagée ?
Autour d’une valeur cardinale de la République, et pourtant parfois incomprise, voire rejetée : la laïcité.
Il y a des décennies, en effet, que nous n’avions pas évoqué aussi souvent la laïcité. Nous ne savons pas toujours bien la définir. Certains la brandissent pour mieux défendre leur idéologie.
En définitive, nous pourrions considérer, avec grand intérêt et tout naturellement, que Samuel Paty est un héros « ordinaire » de la laïcité, car il défendait le seul culte du savoir, la liberté d’expression et la liberté de croire ou de ne pas croire.
La République a bien besoin aujourd’hui de tels héros « ordinaires ».
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**En s’attaquant au livre, POUTINE montre, une fois de plus, son vrai visage…**
Non contente d’avoir lancé son armée à la conquête de l’Ukraine, souveraine et pacifique, dans une guerre clairement impérialiste, la Russie s’en prend cet été à la culture ukrainienne en attaquant et en détruisant les principales sociétés d’édition ukrainiennes.
Bref, il s’agit d’annihiler tout ce qui permet de cultiver l’identité ukrainienne. S’il fallait une raison supplémentaire de s’opposer sans faiblesse à Vladimir Poutine, celle-ci suffirait.
**… En contrepoint, rappelons le discours clair, réaliste et sans concession du pape LÉON XIV sur le plan international !**
En effet, sans parler de guerre juste, Léon XIV dénonce l’invasion impérialiste russe en Ukraine !
Voilà un pape qui incarne le message évangélique sans craindre de dire sa vérité, fondée sur le refus de la brutalité et de la force, ainsi que sur la volonté d’œuvrer de manière réaliste — ce qui le distingue parfois de ses prédécesseurs — pour des solutions de paix.
Son attention clairvoyante portée aux affaires internationales et l’exigence de son discours sont une bonne chose à l’heure où la situation mondiale est dominée par des dirigeants — tyrans ou non — peu enclins à cultiver le dialogue, le droit et la justice.
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La LETTRE DÉMOCRATE 14 se veut modestement un espace d’échanges et de dialogue au-delà des frontières partisanes. Votre opinion et vos critiques pourront y trouver leur place.
Pour autant, nous ne renions pas notre proximité avec le Mouvement Démocrate. Nous défendons en effet l’humanisme et la démocratie. Nous sommes bien entendu attachés au pluralisme…
Nous revendiquons enfin la vertu de la fraternité, « la seule des trois vertus de notre devise nationale qui ne se conçoive pas sans les deux autres », ainsi qu’a pu le rappeler François Bayrou en 2024.
Le responsable de la rédaction de cette lettre est Christian Nelle.